Page d'accueil Dernières Nouvelles Infos sur le Consulat Général Infos sur la circonscription Affaires consulaires Contactez-nous
Discours de M. ZHANG Guobin, Consul général de Chine lors de la Réception pour le nouvel an chinois et son départ
2015/02/06

 

Mesdames, Messieurs, Chers Amis,

 

Vous me pardonnerez cette facilité d'adresse mais elle m'a semblé la plus représentative de nos liens puisque votre présence ce soir témoigne de l'intensité et de l'ampleur des relations, de manière générale entre la Chine et la France, et de manière plus particulière entre la Chine et l'Alsace, et je voudrai y ajouter de façon très personnelle de celles que j'ai pu nouer durant ces années passées à Strasbourg avec chacun d'entre vous.

 

Si nous sommes rassemblés comme nous le faisons chaque année pour fêter le nouvel an chinois, qui débutera officiellement dans mon pays le 19 février ; pour moi cet événement et notre rencontre en ce jour ont une tonalité particulière puisque c'est la dernière fois que je m'adresse à vous dans mes fonctions de Consul général de la République populaire de Chine à Strasbourg, puisque dans deux semaines je rentrerai à Pékin pour exercer de nouvelles responsabilités. Vous pouvez aisément comprendre en ce moment ma grande émotion et la nostalgie qui m'envahit puisque cette manifestation est aussi un « au revoir ».

 

Ce nouvel an chinois placé sous le signe du mouton, de la chèvre et du bouc au choix, marque également la fin d'une année de commémorations visant à célébrer  le rétablissement des relations diplomatiques à l'initiative du Général de Gaulle entre nos deux grands pays, et dont le point d'orgue a été la toute récente visite officielle de Monsieur le Premier Ministre Manuel Valls à Tianjin, Pékin et Shanghai. Et vous n'êtes pas sans savoir que les anniversaires, les départs aussi sont souvent l'occasion de dresser des bilans et une fois encore je me permettrai de sacrifier à l'exercice en évitant de paraître fastidieux.

 

Notre nouvel an chinois qui concerne d'ailleurs l'ensemble du monde asiatique est le moment le plus attendu de l'année par l'ensemble des familles et notamment celles que les raisons professionnelles séparent, puisqu'il offre le plaisir de se retrouver pendant une semaine et de partager des rituels festifs et culinaires. Ce sont donc des millions des personnes qui, par les voies routières, ferroviaires, aériennes, maritimes se déplacent pour se retrouver entre parents, et naturellement pour tous les Chinois de la diaspora et plus particulièrement ceux d'Alsace et du grand est, leur regard se tourne vers leur pays, vers tous leurs proches restés en Chine. C'est donc un grand moment de communion pour l'ensemble du peuple chinois et c'est aussi pour moi l'occasion de leur souhaiter, de souhaiter à tous mes compatriotes présents parmi nous ce soir et à leur famille une bonne et belle année pleine de bonne fortune, une bonne fête du printemps, et une bonne fête des lanternes qui début mars clôturera les réjouissances liées au nouvel an.

 

L'année qui se termine a été une année faste pour les relations franco-chinoises, puisqu'en plus des manifestations et des échanges habituels entre nos deux pays, ce sont plus de huit cents événements culturels, artistiques, commerciaux, scientifiques, sportifs répartis tout le long de 2014 et début 2015 dans de nombreuses villes chinoises et françaises qui se sont déroulés, et qui ont mobilisé des dizaines de milliers de personnes et des lieux côté français aussi symboliques pour nous Chinois que le Château de Versailles, le Grand Palais, le Musée Guimet, le Musée des arts décoratifs pour parler des seules manifestations en Ile de France. Mes compatriotes chinois ont pu notamment découvrir et admirer dans deux très belles rétrospectives qui se tiennent encore en ce moment le génie d'Auguste Rodin et celui de Claude Monet. Personnellement je souhaite de tout cœur que l'élan et la dynamique amorcés par la célébration de ce cinquantième anniversaire se poursuivent au delà de cet événement pour souligner l'intensité des liens qui unissent nos deux peuples, et le caractère indéfectible de notre amitié.

 

L'Alsace n'a nullement été en marge de ces commémorations, elle y a pris toute sa place avec un ensemble d'expositions, de rencontres, de spectacles musicaux, de danse qui se sont déroulés dans des endroits aussi divers que la Maison du département, la Maison de la région, la Faculté de droit, de sciences politiques et de gestion, la place de la Cathédrale ou encore l'Hôtel Hilton, pour n'en mentionner que quelques uns. Que tous ceux qui ont pu permettre la réalisation de toutes ces manifestations trouvent dans ces quelques mots l'expression de ma profonde gratitude, et c'est pour moi l'occasion de souligner l'excellence des relations entretenues avec les responsables des collectivités territoriales, des milieux professionnels, du monde universitaire.

 

Nous avons tous en mémoire ces temps forts qu'ont représenté fin septembre début octobre la « Semaine du Tibet » qui a permis notamment aux Strasbourgeois de découvrir la culture tibétaine à travers des conférences, des expositions de photographies, de peintures, des spectacles de musique et de danse, et toute la richesse traditionnelle et identitaire d'un peuple autonome plutôt méconnu. En novembre dernier, Strasbourg a été la ville hôte des quatrièmes rencontres de la coopération décentralisée franco-chinoise et a dans ce cadre a pu accueillir plus de cinquante collectivités locales chinoises et françaises ainsi que plus de cent trente entreprises chinoises.

 

De façon plus générale, les relations entre nos deux pays sont très étroites et le partenariat global stratégique mis en œuvre par nos dirigeants respectifs confère à celles-ci une qualité rare car il est la traduction d'une volonté politique commune d'avoir et d'exprimer une analyse partagée sur bon nombre de dossiers politiques majeurs.

 

Plus concrètement ce partenariat repose sur une ambition croisée de favoriser une meilleure connaissance de l'autre culture et pour ce faire de tisser un maximum de liens dans les secteurs les plus divers entre les personnes. Cette « méthode » si je peux la qualifier de telle, ne surprendra personne puisqu'elle est le fondement de la construction communautaire, c'est par les relations et l'imbrication de celles-ci entre les hommes que l'on peut faire tomber les préventions et les barrières, et construire un monde de paix et de coopération. La Chine et la France ont choisi cette voie et on ne peut que reconnaître sa justesse car les progrès des échanges de tous ordres apparaissent aussi encourageants que flatteurs. 

 

Sans à aucun moment vous ennuyer par l'accumulation de chiffres ou de certains détails, j'aimerais seulement attirer votre attention sur le fait que la coopération économique et commerciale entre nos deux États n'épuisent pas l'ensemble de la cette coopération. Même si elle retient prioritairement l'attention des dirigeants et des journalistes, comme en témoigne le récent séjour du chef du gouvernement français, il s'agit comme vous le dîtes si bien dans votre belle et riche langue française de « l'arbre qui masque la forêt », lequel aphorisme a son équivalent dans notre langue mandarin avec l'expression « la feuille qui cache les yeux de celui qui est face à la montagne ».

 

Quand je considère les domaines du partenariat entre nos peuples, je suis autant surpris de leur diversité que de leur intensité, et chaque année je puis constater leur élargissement et leur approfondissement. La coopération entre partenaires publics et privés chinois et alsaciens recouvre les secteurs de l'environnement, du développement durable, de la coopération décentralisée, de la culture, de l'enseignement supérieur. Ce dernier domaine connaît un essor exponentiel tant les établissements français d'enseignement supérieurs jouissent d'une grande réputation auprès des universités chinoises et de leurs étudiants. Dois-je rappeler qu'avec près de 40000 étudiants chinois dans ces établissements, ces derniers constituent la seconde nationalité d'étudiants étrangers en France, et les prévisions prévoient plus d'un doublement de cette population d'ici 2030, et à cet égard l'Université de Strasbourg est véritablement représentative de cette tendance, et je me félicite que l'un des principaux axes de son département des relations internationales soit justement le renforcement et la création de partenariats avec les universités chinoises.

 

En octobre dernier, lors du forum de l'enseignement supérieur franco-chinois, plus d'une centaine d'universités et de grandes écoles appartenant à nos deux pays s'est retrouvée avec la ferme intention de multiplier leurs échanges d'étudiants et d'enseignants. Mais la coopération universitaire c'est aussi quelques 30 laboratoires scientifiques franco-chinois permettant à quelques 2000 chercheurs de se côtoyer et de cheminer ensemble dans des secteurs aussi divers que la médecine ou les sciences de l'ingénieur. 

 

Dans les écoles secondaires françaises la langue chinoise et je m'en réjouis, est de plus en plus prisée par les collégiens et lycéens, la plaçant ainsi au 5ème rang des langues étrangères enseignées, et aujourd'hui ils sont plus de 41000 à apprendre le mandarin. Quelques 35 sections internationales de chinois sont réparties dans les établissements secondaires dont 4 dans les établissements alsaciens et à la rentrée prochaine, ce sont 8 nouvelles sections internationales qui sont programmées. Du côté chinois, le regain d'intérêt pour la langue française se traduit par l'ouverture de classes bilingues dites « classes Rabelais » pour former les futurs étudiants désireux de poursuivre leurs études supérieures en France. Je me félicite de cette richesse de notre coopération porteuse d'avenir entre nos deux peuples et si j'ai pu y contribuer dans mes fonctions, j'en suis particulièrement heureux.

 

Avant de conclure mon intervention et surtout avant de prendre congé de vous et de cette région si attachante qu'est l'Alsace, j'aimerais tous vous remercier et pouvoir pour la plupart d'entre vous, vous citer car j'ai été au cours de ces trois années sensible à toutes les marques d'amitié et d'intérêt dont vous avez fait preuve à l'égard de mon pays, de mes actions et de moi-même. J'oublierai donc certains d'entre vous, qu'ils veuillent bien ne pas m'en tenir rigueur et croire en ma très grande estime, et que les quelques auxquels je souhaite rendre hommage en les mentionnant soient assurés de mon affection et de ma reconnaissance. 

 

Mes remerciements vont en tout premier lieu aux élus de Strasbourg et tout particulièrement à Mme Nawel Rafik Elmrini et M Jean-Jacques Gsell qui ont beaucoup œuvré dans l'établissement d'un partenariat privilégié avec la ville de Nankin et plus généralement dans les relations entre Strasbourg et les villes chinoises. La région Alsace en la personne de son président le ministre Philippe Richert, et le département du Bas-Rhin avec à sa tête Guy René Kennel ont toujours manifesté leur soutien et par leurs actions renforcé les liens avec la Chine. J'ai été aussi très sensible à l'aide constante prodiguée par la chambre de commerce et d'industrie et je sais combien je suis redevable à son président Jean-Louis Hoerlé. Je voudrais également exprimer mon amitié à Mme Fei Jin Mestre qui a beaucoup œuvré pour l'organisation et la bonne réalisation de nombreuses manifestations culturelles et artistiques autant en Alsace que dans le grand est. 

 

Ma femme et moi garderons un merveilleux souvenir de notre séjour en Alsace, et croyez bien que c'est avec un pincement au cœur que nous allons vous quitter et quitter cette région, mais soyez sûr que là où je serai dans mes nouvelles fonctions, je mettrai tout en œuvre pour renforcer les relations franco-chinoises et pour appuyer la coopération avec Strasbourg et avec l'Alsace. Et puis j'espère bien vous revoir bientôt soit en Chine, soit à Strasbourg car je compte bien revenir pour visiter régulièrement tous les amis qui m'ont si chaleureusement accueilli ici.

Je vous remercie.         

Suggest To A Friend
  Print