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LES MONTAGNES VERDOYANTES NE SAURAIENT BLOQUER LE COURS D'EAU, IL COULE IRRESISTIBLEMENT VERS L'EST - Le Premier Ministre Wen Jiabao à la Conférence de Copenhague sur le changement climatique
2009/12/28

 

    

Beijing, 24 décembre (Xinhua) : Le 19 décembre, après d'âpres consultations, la Conférence de Copenhague sur le changement climatique a abouti à des résultats positifs et importants : la conclusion de l'Accord de Copenhague a permis de préserver fermement le cadre fondamental et les principes fixés par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et le Protocole de Kyoto, de définir d'une manière plus précise les obligations qui incombent respectivement aux pays développés et aux pays en développement ainsi que les actions à prendre par les uns et les autres conformément au principe des « responsabilités communes mais différenciées », et d'affirmer les consensus de la communauté internationale en termes d'objectifs de long terme, de financement, de technologies et de transparence des actions dans la lutte contre le changement climatique.

Du 16 au 18 décembre, durant les quelque 60 heures de son séjour à Copenhague pour la Conférence sur le changement climatique, le Premier Ministre du Conseil des Affaires d'Etat Wen Jiabao a eu des entretiens et consultations intenses avec les dirigeants des pays concernés et a beaucoup travaillé pour faire avancer le processus de négociations. Les journalistes qui l'accompagnaient pendant ce déplacement ont été témoins des hauts et des bas tout au long de la Conférence, de l'âpreté des consultations et des négociations, et, de la sincérité, de la confiance, de la détermination et des efforts hautement efficaces du Premier Ministre Wen qui a parfaitement incarné l'image de la Chine, un grand pays responsable militant pour le développement et la coopération.

Au cours du Sommet, le Premier Ministre Wen a prononcé un discours important pour réaffirmer la position constante du gouvernement chinois et appeler les différentes parties à trouver des convergences de vues, à intensifier leur coopération et à promouvoir ensemble le processus historique de la lutte contre le changement climatique. Face à une situation complexe tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des salles de réunion, il a travaillé activement malgré les nombreuses difficultés en servant d'intermédiaire entre les différentes parties avec la plus grande volonté politique et la plus grande patience. Et surtout, au moment crucial où la Conférence risquait de se terminer sans aucun résultat, il a mené en personne de nombreuses consultations difficiles et subtiles avec les parties concernées et contribué ainsi à l'adoption finale de l'Accord de Copenhague.

L'histoire retiendra la contribution importante du gouvernement chinois à la réussite de la Conférence de Copenhague.

« Ceux qui sont prudents, même s'ils paraissent timides au début, finiront par faire preuve de bravoure. » - Avant son départ pour Copenhague, le Premier Ministre Wen s'est livré à de minutieuses réflexions et a mené de nombreuses préparations pour contribuer à la réussite de la Conférence.

Ces dernières années, le bras de fer entre les pays développés et les pays en développement autour du réchauffement climatique s'accentue. En tant que le plus grand pays en développement, la Chine a déployé des efforts considérables pour économiser les énergies et réduire les émissions, et obtenu des résultats remarquables à ces égards.

Le 26 novembre, le gouvernement chinois a annoncé son objectif de contrôle des émissions de gaz à effet de serre, à savoir, réduire d'ici 2020 les émissions de CO2 par unité de PIB de 40 à 45% par rapport à 2005, ce qui lui a valu l'appréciation générale de l'opinion internationale. Il a aussi été annoncé que le Premier Ministre Wen Jiabao serait à Copenhague pour la Conférence sur le changement climatique.

Depuis l'ouverture de la Conférence le 7 décembre, Copenhague est devenu un champs de bataille pour les gouvernements, les groupes d'intérêts et des ONG et institutions scientifiques. Les opinions s'affrontaient dans les salles de réunion et les couloirs, et les négociations et consultations interminables peinaient à éliminer les divergences colossales. À l'approche de la clôture des travaux, un sentiment pessimiste se répandait peu à peu parmi les participants.

Le 16 décembre, à 15 h 00, le Premier Ministre Wen est monté dans l'avion spécial qui l'emmènerait de Beijing à Copenhague.

« C'est une mission difficile. Je mesure pleinement la lourde responsabilité qui m'incombe en tant que représentant du gouvernement chinois à cette conférence », a dit le Premier Ministre dans l'avion aux journalistes qui l'accompagnaient. « Sur le chemin pour l'aéroport, deux adages anciens me sont venus à l'esprit, le premier, -ceux qui sont prudents, même s'ils paraissent timides au début, finiront par faire preuve de bravoure-, et le deuxième, -réfléchir au début, mais viser la finalité-, c'est-à-dire que si l'on réfléchit minutieusement depuis le début, on pourra sûrement agir avec bravoure et détermination. »

Bien avant son départ, le Premier Ministre Wen a visité le Bureau de Météorologie de Chine et eu de nombreuses conversations téléphoniques avec des dirigeants étrangers. En effet, son voyage pour Copenhague avait déjà débuté…

Les 27 et 28 novembre, les pays du « BASIC » : Chine, Inde, Brésil et Afrique du Sud, ont eu des consultations à Beijing avec le Soudan, pays président du G77. Le Premier Ministre Wen a reçu les Ministres de l'Environnement ou les représentants de ces pays présents à la réunion de consultations.

Au moment où les délégations gouvernementales menaient des négociations ardues à Copenhague, le Premier Ministre Wen, pour sa part, a eu, depuis le 8 décembre, des conversations téléphoniques respectivement avec le Secrétaire général des Nations Unies et les dirigeants du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Inde, du Brésil, de l'Afrique du Sud, du Danemark et de l'Ethiopie pour échanger avec eux, de manière franche et approfondie, ses vues sur les dossiers majeurs abordés par la Conférence.

Le 11 décembre, lors de sa visite au Bureau de Météorologie de Chine, le Premier Ministre a convoqué une réunion des experts sur la lutte contre le changement climatique. Selon lui, il faudrait adopter des mesures catégoriques et énergiques pour réaliser l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre que le gouvernement chinois s'est fixé.

Après l'ouverture de la Conférence à Copenhague, le Premier Ministre Wen a suivi de très près l'évolution des travaux. Après le décollage de son avion, il a tout de suite fait venir les journalistes dans sa cabine pour leur faire part en toute franchise de ses points de vue sur ce voyage à Copenhague.

Devant la complexité de la situation, le Premier Ministre a, semble-t-il, déjà eu une réflexion mûre et profonde : « Je suis persuadé qu'avec tant de dirigeants à Copenhague, la Conférence donnera des résultats. Mais quoi qu'il en soit, le plan d'action que la Chine s'est fixé ne changera pas, l'objectif de réduction des émissions qu'elle s'est défini ne se négociera pas, et notre détermination de réaliser cet objectif restera inébranlable. »

Après la séance d'information à bord pour les journalistes, le Premier Ministre Wen a convoqué les ministres qui voyageaient avec lui pour étudier ensemble les points de vue des différentes parties à la Conférence. Quand les ministres sont partis, il a tourné son regard vers le hublot et s'est mis à réfléchir. On voyait bien qu'il n'était point soulagé. Comment faire réussir la Conférence ? Il y a trop de questions à réfléchir.

Le 16 décembre, à 18 h 45 heure locale, l'avion du Premier Ministre a atterri à l'aéroport de Copenhague. Le vent soufflait fort, et la neige s'abattait sur la ville. La nuit n'y était pas calme.

Il était déjà 2 h 00 du matin, heure de Beijing. 10 heures de vol sur plus de 7 000 kilomètres ont épuisé tout le monde. Malgré la fatigue, le Premier Ministre Wen a décidé d'aller directement à l'Ambassade de Chine au Danemark pour connaître les nouvelles avancées de la Conférence et planifier les actions à prendre pour l'étape suivante. Ce n'est qu'au bout de plus d'une heure qu'il s'est rendu à l'Hôtel Radisson pour s'y installer.

« Ce qui est le plus important, c'est de dégager rapidement un consensus. » - Face à la complexité de la situation, le Premier Ministre Wen a mené, avec sincérité, détermination et confiance, un énorme travail de médiation et de coordination afin de rapprocher les positions et d'élargir le consensus.

Le 17 décembre, à 6 h 00, le Premier Ministre Wen est descendu pour le petit déjeuner, et a écouté un briefing à table. Quand il s'agit de négociations entre 192 pays, les choses changent vite.

À 8 h 30, le Premier Ministre Wen, en pleine forme, est entré dans une salle d'entretien pour commencer une longue et intense journée de rencontres. Son premier interlocuteur était M. Lars Loekke Rasmussen, Premier Ministre du Danemark, pays hôte de la Conférence. Le Premier Ministre Wen a salué les efforts considérables que le Danemark a déployés pour l'organisation de la Conférence et exprimé la disponibilité de la Chine à soutenir sans réserve le pays hôte pour que la Conférence de Copenhague aboutisse à des résultats positifs. Le Premier Ministre danois, quelque peu soulagé par les paroles du Premier Ministre Wen, a confié qu'à cause des divergences énormes entre les différentes parties, il n'existait toujours pas un projet pouvant servir de base pour les consultations. Ses mots laissaient transparaître sa profonde inquiétude.

Comprenant parfaitement la pression que subissait le pays hôte, le Premier Ministre Wen a résumé les divergences en quatre questions clés : le projet de base, le financement, l'objectif à long terme et les obligations mesurables, notifiables et vérifiables. Il a proposé, en toute sincérité, d'adopter une attitude pragmatique pour consolider, conformément au principe des « responsabilités communes mais différenciées », la partie faisant l'unanimité du projet des Présidents des deux groupes de travail et laisser les divergences aux discussions ultérieures. Selon lui, c'était sans doute le seul moyen possible, et une telle résolution serait également un résultat positif de la Conférence.

Remerciant le Premier Ministre chinois pour cette proposition constructive, le Premier Ministre Rasmussen a reconnu que si tous les autres dirigeants travaillaient aussi dur et aussi activement que lui, la Conférence donnerait de bons résultats.

Après le Premier Ministre Rasmussen, est arrivé le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon. Profondément préoccupé lui aussi par la stagnation des travaux, il a estimé qu'une conférence sans résultat serait inacceptable. Selon le Premier Ministre Wen, il serait irréaliste d'espérer que les divergences considérables des quelques 200 pays disparaîtraient en moins de deux jours. Le peuple chinois et les autres peuples du monde attendaient tous le succès de la Conférence, et il était donc urgent de dégager rapidement un consensus. On pourrait envisager un document politique reflétant le consensus des parties, pour exprimer la volonté politique, reconnaître les résultats positifs de la Conférence, et enfin, faire passer au monde un message de confiance et d'espoir.

Le Premier Ministre Wen a souligné que la rédaction du projet de résolution et les consultations en la matière devraient être un processus ouvert et transparent où toutes les parties pourraient se faire entendre et qui accorderait une attention particulière aux préoccupations des pays en développement. Il a également souhaité que les Nations Unies puissent y jouer un rôle important. Ban Ki-moon hochait la tête, pensif.

Wen Jiabao a jusqu'ici présenté au pays hôte et aux Nations Unies l'idée générale du gouvernement chinois sur les résultats de la Conférence et les approches concrètes qu'il proposait à cet effet. Ce qui s'est passé après a prouvé que les propositions du Premier Ministre chinois étaient visionnaires et réalistes.

À 11 h 00, le Premier Ministre Wen est allé à l'hôtel où logeait le Président Lula Da Silva. Apprenant que le Président brésilien avait proposé un petit-déjeuner des dirigeants du « BASIC » qui a dû être annulé pour des raisons techniques du côté indien et sud-africain, il s'est proposé de rencontrer le Président brésilien en bilatéral. Après une poignée de main et une accolade cordiale, les deux vieux amis se sont lancés dans une conversation chaleureuse durant laquelle ils ont estimé unanimement que la Chine et le Brésil partageaient une large convergence de vues sur le changement climatique et qu'ils devraient se mettre résolument du côté des autres pays en développement pour défendre leurs intérêts communs tout en travaillant en étroite concertation avec les parties concernées pour jouer un rôle positif comme il se devait.

À midi, le Premier Ministre Wen est retourné à l'Hôtel Radisson pour une rencontre avec le Président Mohamed Nasheed des Maldives et le Premier Ministre Tillman Thomas de Grenade, représentants des petits pays insulaires, le Premier Ministre Meles Zenawi de l'Ethiopie, représentant des pays africains, le Premier Ministre Sheikh Hasina du Bangladesh, représentant des pays sous-développés et l'assistant au Président Nafie Ali Nafie du Soudan, représentant du G77.

Elle aussi pays en voie de développement, la Chine a un passé identique ou similaire à celui des pays africains, des petits pays insulaires et des pays sous-développés, ce qui explique leur affinité sentimentale et la proximité de leurs valeurs. Une discussion sincère et sans réserve s'est donc déroulée autour de la table.

Le financement est le problème auquel ces pays accordent le plus d'attention. Un représentant d'un grand pays avait déclaré qu'il ne donnerait pas d'argent à la Chine. Face à de tels propos, le Premier Ministre Wen a affirmé que si la Chine appelait toujours les pays développés à honorer leurs engagements en matière de financement, elle ne disputerait pourtant jamais les ressources financières aux autres pays en développement, et en plus, elle continuerait à fournir aux pays sous-développés de l'assistance, y compris du soutien matériel et de l'appui pour le renforcement des capacités, dans le cadre de la coopération Sud-Sud et à titre bilatéral.

Exprimant sa profonde compassion aux petits pays insulaires souffrant d'un environnement de survie fragile, le Premier Ministre Wen s'est dit comprendre leurs revendications spécifiques sur la limitation du réchauffement de la planète, et a présenté en détail les efforts déployés par la Chine en matière de réduction des émissions et les réflexions chinoises sur les négociations à Copenhague. Il a dit que la Chine, pour montrer sa sincérité, était prête à prendre en considération les préoccupations des petits pays insulaires au sujet de la limitation à 2°C du réchauffement du globe d'ici 2050, et qu'elle défendrait effectivement les droits et intérêts de tous les pays en développement à la Conférence.

La discussion s'est poursuivie à la table du déjeuner auquel le Premier Ministre Wen a convié ses homologues. Cette rencontre qui a duré plus de deux heures était la plus longue que le Premier Ministre a eue à Copenhague. Les invités ont jugé raisonnables et convaincantes les analyses du Premier Ministre Wen, et injustes les accusations lancées par les pays développés contre la Chine qui a pourtant déployé des efforts considérables pour lutter contre le changement climatique. Selon eux, pour la Chine comme pour les autres pays en développement, la lutte contre le changement climatique ne devait pas se faire en sacrifiant la croissance. Les pays en développement devraient renforcer leur concertation et leur solidarité.

Le Royaume-Uni, l'Allemagne et le Japon, tous pays développés disposant de technologies avérées en matière d'économie d'énergies, de protection de l'environnement et d'économie verte, souhaitaient jouer un rôle leader dans la promotion de la coopération internationale contre le changement climatique. Mais, par manque de connaissance sur les conditions réelles des pays en développement, ils leur ont posé des exigences irréalistes, inéquitables et déséquilibrées.

Dans l'après-midi du 17, le Premier Ministre Wen a eu des entretiens avec le Premier Ministre britannique Gordon Brown, la Chancelière allemande Angela Merkel et le Premier Ministre japonais Yukio Hatoyama pour faire des démarches patientes et minutieuses auprès d'eux.

Selon lui, la Conférence de Copenhague arrivant alors à un moment crucial, on ne devait plus s'accuser mutuellement, et encore moins marchander, car cela nous ferait perdre du temps. Il a appelé au maintien du principe des « responsabilités communes mais différenciées » et à la prise en compte de l'intérêt général pour dégager rapidement un consensus par-delà les divergences et contribuer ensemble au succès de la Conférence.

Le Premier Ministre Wen a souligné que l'objectif d'atténuation que la Chine a annoncé de sa propre initiative n'était assorti d'aucune condition ni lié aux objectifs de réduction d'aucun pays, et qu'il n'était pas négociable. Il a promis que la Chine tiendrait sa parole et qu'elle réaliserait ces objectifs et ferait même mieux, car cela était dans l'intérêt du peuple chinois et de tous les autres peuples du monde. Il a affirmé que la Chine était prête à avoir des consultations et coopération sur l'amélioration de la transparence de ses actions d'atténuation autonomes, et à travailler pour la limitation à 2°C du réchauffement du globe, ce qui a traduit la grande sincérité de la Chine.

Toujours selon le Premier Ministre, les pays en développement qui avaient pour mission principale d'éradiquer la pauvreté et de développer l'économie, ne devraient pas pour autant reprendre le modèle d'industrialisation des pays développés en sacrifiant les ressources et l'environnement ; les pays développés devraient faire preuve de compréhension et de soutien, honorer leurs engagements en matière financière et technologique, et travailler en étroite coopération avec les pays en développement pour que la Conférence obtienne le meilleur résultat possible.

Malgré leurs divergences sur un certain nombre de questions, les Premiers Ministres ont poursuivi leurs échanges francs et approfondis, qui restaient le seul moyen pour accroître la connaissance mutuelle et élargir le consensus.

Chacune de ces rencontres a dépassé le temps prévu. Après le départ du Premier Ministre Gordon Brown, le Premier Ministre Wen s'est excusé auprès de la Chancelière allemande : « Madame, je suis vraiment désolé de vous faire attendre ». Cette dernière a répondu avec humour : M. Brown m'a dit la même chose quand il est tombé sur moi en sortant de la salle. Tout le monde éclatait de rire.

À l'issue de ces entretiens, le Premier Ministre Wen a immédiatement demandé au Vice-Ministre des Affaires étrangères He Yafei de donner un point de presse pour présenter de manière détaillée ses rencontres avec les autres dirigeants et préciser les principes auxquels la Chine s'en tiendrait et les questions sur lesquelles elle serait prête à faire preuve de flexibilité. Quelque 200 journalistes chinois et étrangers sont venus et ont immédiatement rapporté au monde entier la nouvelle position de la Chine et ses contacts avec les différentes parties. La Chine a donc tenu son engagement d'ouverture et de transparence par des actes concrets.

À 20 h 00 du 17, le Premier Ministre Wen a assisté au dîner offert par la Reine du Danemark Margrethe II, qui marquait le début du programme collectif des dirigeants.

Mais, c'est au cours de ce dîner qu'il s'est produit une chose inattendue. Un dirigeant étranger, par hasard, a parlé au Premier Ministre Wen d'une réunion restreinte de dirigeants, qui serait convoquée par un certain pays après le dîner, pour discuter d'un nouveau texte. La Chine était bel et bien sur la liste des pays invités selon ce dirigeant. Ce qui a alerté le Premier Ministre : si la Chine y est invitée, alors pourquoi la délégation chinoise n'en a pas été informée ? D'autres dirigeants ont confirmé l'existence de cette réunion. Pourtant, l'organisateur n'a toujours pas informé la Chine, c'était vraiment bizarre.

Depuis l'ouverture de la Conférence, il était déjà arrivé que quelques pays ou une minorité de pays aient lancé leurs propres textes, suscitant un vif mécontentement des différentes parties, car cela allait à l'encontre du principe de l'ouverture et de la transparence. Conscient de la gravité de l'affaire, le Premier Ministre Wen s'est immédiatement retiré et a regagné l'hôtel où il a convoqué une réunion pour préparer une réaction.

Sur instruction du Premier Ministre Wen, le Vice-Ministre des Affaires étrangères He Yafei s'est rendu immédiatement sur le lieu de la « réunion » et a exprimé son vif mécontentement sur cette pratique malhonnête des organisateurs. Selon lui, il fallait s'en tenir aux principes d'ouverture et de transparence et s'abstenir de former des petits cercles et d'imposer sa volonté aux autres. Sinon, la Conférence risquerait de n'aboutir à rien.

Dans le même temps, des rumeurs de toutes sortes couraient à Copenhague : des pays développés auraient formé une alliance pour accroître leur pression sur la Chine ; des grands pays émergents faisant tout pour créer des obstacles pourraient probablement faire échouer la Conférence de Copenhague ; les pays développés refuseraient d'accorder plus de fonds aux petits pays insulaires parce que la Chine n'acceptait pas les obligations « mesurables, notifiables et vérifiables » ; le camp des pays en développement serait en train de se diviser ; tel ou tel grand pays envisagerait de proposer à lui seul un texte. Tout cela montrait que la situation empirait.

Cette nuit, le vent soufflait très fort. Les différentes parties menaient leurs derniers préparatifs.

« Envoyer un message de confiance et d'espoir au monde. » - L'attention du monde entier était focalisée sur Copenhague, la Chine a fait entendre sa voix et pris avec détermination l'engagement de promouvoir le processus historique de la lutte de l'humanité contre le changement climatique.

Le 18 décembre 2009 à 8 h 30, avant d'aller au Sommet, le Premier Ministre Wen a rencontré le Premier Ministre indien Manmohan Singh qui venait d'arriver.

La Chine et l'Inde sont toutes deux grands pays en développement et pays voisins. En ce moment crucial, les intérêts des pays en développement et l'avancement de la Conférence dépendent de la capacité des deux pays de coopérer étroitement.

Le Premier Ministre Wen et le Premier Ministre Singh sont de vieux amis. C'était leur deuxième rencontre de cette année. Les deux Premiers Ministres étaient clairement conscients que seules l'unité et la coopération permettraient l'avènement d'un vrai siècle de l'Asie caractérisé par l'harmonie, le développement et la prospérité. Cela exige des hommes d'État qu'ils fassent preuve de clairvoyance, de courage et de volonté.

Le Premier Ministre Wen a présenté l'état d'avancement de la Conférence depuis un jour, livré ses analyses sur la situation et sollicité l'avis du Premier Ministre Singh. Touché par la sincérité du Premier Ministre Wen, M. Singh s'est dit tout à fait d'accord avec ce qu'il a dit. Il a estimé que l'Inde et la Chine avaient de larges consensus et des intérêts communs sur la question de la lutte contre le changement climatique et s'est dit satisfait de la coopération entre les deux pays dans la promotion des négociations de la Conférence. Les deux Premiers Ministres sont convenus que quoi qu'il advienne, la Chine et l'Inde devraient travailler en étroites communication et collaboration afin de défendre fermement les intérêts des pays en développement.

Le Bella Center, situé dans le Sud de la ville de Copenhague, est le plus grand centre de conférence et d'exposition en Europe du Nord. Il est le site principal de la Conférence de Copenhague sur le changement climatique.

À 9 h 45, le Premier Ministre Wen y est arrivé en avance, l'ouverture du Sommet qui focalisait l'attention du monde étant prévue à 10 h 00. Mais à 10 h 00, l'hôte et le Secrétaire général de l'ONU ne sont pas encore venus et il n'y avait personne sur la tribune. Les gens se demandaient ce qui s'était passé, mais personne n'est venu donner une explication.

Certains dirigeants étrangers sont venus saluer le Premier Ministre Wen qui a causé amicalement avec eux. Le temps passait, l'enthousiasme commençait à céder la place à l'impatience.

Devant cette situation, le Premier Ministre Wen a tout de suite pris la décision de proposer une nouvelle rencontre entre les dirigeants du « BASIC ». Le personnel n'avait plus le temps de préparer une salle de réunion. Les quatre dirigeants ont dû mener leurs échanges de vues autour d'une table basse dans le hall en dehors de la salle de conférence. Ils étaient déterminés à œuvrer jusqu'au dernier moment pour que la Conférence aboutisse à des résultats.

À 11 h 30, le président de la Conférence M. Rasmussen a annoncé enfin l'ouverture de la séance et prié le Premier Ministre Wen de s'exprimer en premier. Dans un concert d'applaudissements, le Premier Ministre est monté sur la tribune d'un air calme mais déterminé. Son discours très touchant intitulé Dégager des consensus et intensifier la coopération pour promouvoir le processus historique de la lutte contre le changement climatique, a exprimé des idées riches et visionnaires en quelque 2 000 mots.

« En ce moment précis, des milliards de personnes sur la planète ont les yeux rivés sur Copenhague. La volonté que nous exprimons et les engagements que nous prenons ici doivent contribuer au processus historique de la lutte de l'humanité contre le changement climatique. Sur cette tribune, je mesure bien l'immense responsabilité qui m'incombe. » Ces mots d'introduction du Premier Ministre Wen ont traduit l'aspiration des peuples du monde et l'attitude hautement responsable du gouvernement chinois. Ensuite, il a présenté les efforts déployés par la Chine contre le changement climatique et avancé « quatre propositions » visant à faire avancer les négociations sur le changement climatique. À la fin du discours, le Premier Ministre Wen a promis au monde à haute voix : « L'adoption des objectifs d'atténuation des émissions de gaz à effet de serre est une initiative autonome prise par la Chine conformément à sa réalité nationale pour assumer ses responsabilités vis-à-vis du peuple chinois et de toute l'humanité. Ces objectifs ne sont assortis d'aucune condition ni liés aux objectifs de réduction des émissions d'aucun pays. Nous tiendrons nos promesses. Quels que soient les résultats de cette Conférence, nous œuvrerons indéfectiblement à réaliser, voire à dépasser nos objectifs.

Les positions susmentionnées du Premier Ministre Wen ont traduit l'aspiration commune des nombreux pays en développement. Tout à fait raisonnables, elles ont concilié parfaitement le court et le long terme et pris en compte les intérêts des différentes parties. En indiquant l'orientation à suivre à la Conférence qui se trouvait à la croisée des chemins, elles ont contribué à préserver et à promouvoir le processus des négociations et ont été largement appréciées.

Les paroles du Premier Ministre Wen ont suscité de longs applaudissements dans la salle. Certains dirigeants se sont levés et sont venus lui serrer la main pour le féliciter.

« Tant qu'il y aura 1% d'espoir, nous devons déployer 100% d'efforts. » - Au moment crucial où la Conférence était menacée par un échec, le gouvernement chinois a fait un travail efficace pour contribuer à la conclusion de l'Accord de Copenhague.

La Chine est le plus grand pays en développement tandis que les États-Unis sont le plus grand pays développé. Une rencontre entre les dirigeants des deux pays était naturellement au cœur de toutes les attentions.

L'entretien entre le Premier Ministre Wen et le Président Obama était prévu après le discours de ce dernier. Il a eu lieu dans une salle de réunion montée avec une structure d'acier et des rideaux derrière la salle de conférence.

Les deux dirigeants ont procédé à des échanges de vues francs, approfondis et pragmatiques sur les questions clés telles que les résultats de la Conférence sur le changement climatique, les objectifs à long terme et les obligations mesurables, notifiables et vérifiables. Chacun a exprimé ses points de vue, tout en faisant preuve d'une certaine souplesse. Ils étaient d'accord sur la nécessité de parvenir au plus tôt à un accord politique à la Conférence et de poursuivre la coopération. Demandant à leurs négociateurs de poursuivre les consultations, ils se sont donné rendez-vous plus tard dans la journée.

Après sa rencontre avec le Président Obama, le Premier Ministre Wen a donné immédiatement instruction aux négociateurs chinois d'en communiquer les résultats aux autres pays du « BASIC » et au G77 pour que pays en développement et pays développés travaillent ensemble à accélérer le processus des négociations.

Les pays développés et les pays en développement ont eu des consultations sur le document final de la Conférence. Mais vu les divergences qui opposaient les différentes parties, les négociations peinaient à progresser. À ce moment-là, la clôture de la Conférence était déjà largement retardée.

Certains pays ont préparé des déclarations pour le cas où la Conférence se terminerait par un échec. Quelques dirigeants ont même tenu des propos irresponsables en accusant la Chine.

Au Bella Center, beaucoup de dirigeants ont quitté la salle, les visages graves. Les journalistes commençaient à refaire leurs bagages. Des feuilles de papiers jonchaient le sol ici et là. Tout le monde se demandait quand et sous quelle forme le gouvernement danois annoncerait l'échec de ce plus grand et plus important sommet de l'histoire des Nations Unies.

Au dernier moment, le Premier Ministre Wen a encore une fois joué un rôle crucial. Il a convoqué une réunion de la délégation chinoise pour analyser calmement la situation. Il a estimé qu'il était déjà impossible de parvenir à un document juridiquement contraignant, mais toutes les parties savaient parfaitement ce que signifierait une conférence sans résultat et personne ne voulait en porter la responsabilité. Tant qu'il y a un espoir, nous devons faire le maximum d'efforts au lieu de baisser facilement les bras, disait-il. Il a décidé de rencontrer de nouveau le Président Lula, le Premier Ministre Singh et le Président Zuma pour un dernier effort. A ce moment-là, le Président Obama a demandé un nouvel entretien avec le Premier Ministre Wen. Celui-ci a accepté de le rencontrer après la réunion des dirigeants du « BASIC ».

Les quatre dirigeants sont arrivés dans la salle réservée par la délégation chinoise. Ils estimaient unanimement que la Conférence était menacée par un échec, que les quatre pays du « BASIC » pouvaient parvenir d'abord à un consensus sur les questions clés avant d'en discuter avec les États-Unis et l'Europe avec le plus de souplesse possible et sur la base du respect des principes et de la sauvegarde des intérêts des pays en développement, et qu'il fallait tout faire pour que la Conférence obtienne des résultats. Le Premier Ministre Wen a insisté tout particulièrement sur la nécessité de maintenir le dialogue et de renforcer la coopération avec les pays africains, le G77 et les petits pays insulaires.

À 18 h 50, les dirigeants du « BASIC » passaient une dernière fois en revue leurs positions communes quand ils ont entendu des remous dehors. La porte ouverte, le Président Obama était là. Bien que l'heure du rendez-vous sino-américain soit déjà passée, son apparition à cet endroit et à ce moment-là a pris tout le monde par surprise.

Visiblement embarrassé, le Président Obama avait encore un pied à l'extérieur. Souriant, il a demandé au Premier Ministre Wen s'il était arrivé trop tôt, s'il devait attendre dehors ou rejoindre les dirigeants du « BASIC ». Le Premier Ministre Wen s'est levé et l'a invité poliment à les rejoindre. Emu, le Président Obama a fait d'abord un tour dans la salle pour serrer la main à tout le monde, avant de s'installer à gauche du Président Lula, en face du Premier Ministre Wen.

Puisque les pays du « BASIC » ont déjà eu des contacts bilatéraux avec les États-Unis, ils savaient très bien les positions des uns et des autres. Le Premier Ministre Wen a pris la parole en disant qu'il fallait travailler pour faire adopter une résolution à la Conférence afin d'affirmer les résultats et de matérialiser le consensus. Ensuite, il a exposé au Président Obama les positions des pays du « BASIC » sur plusieurs questions clés. Le Président Obama leur a également expliqué la dernière position américaine, reconnaissant que les formulations des deux parties étaient déjà très proches sur ces questions. Puis, les cinq dirigeants ont poursuivi leurs discussions.

Les journalistes qui attendaient à l'extérieur ont suivi ce qui se passait dans la salle. Certains ont photographié ou filmé à travers les vitres. Peu de temps après, on a entendu des applaudissements dans la salle. Après des consultations, les pays du « BASIC » sont parvenus à un accord avec les États-Unis sur plusieurs questions clés du projet d'accord. Les États-Unis se sont proposés d'aller consulter l'Union européenne.

Ensuite, des discussions ont eu lieu entre les États-Unis et les pays de l'UE, et entre les pays du « BASIC » et d'autres pays concernés. Puis, le projet d'accord a fait l'objet de consultations restreintes entre certains pays.

Une heure après, les différentes parties sont parvenues à un consensus sur un projet de résolution et s'apprêtaient à le soumettre au vote de la Conférence. À ce moment là, neuf heures se sont déjà écoulées depuis l'heure prévue de la clôture de la Conférence.

Il ne restait plus que quelques travaux de procédure à accomplir. Les dirigeants ont quitté l'un après l'autre Copenhague. Ils ont largement dépassé les objectifs prévus pour ce sommet.

Les résultats finals de la Conférence de Copenhague n'ont nullement été l'œuvre d'un ou deux pays. C'était le fruit des efforts de tous les pays participants. Si on regarde les péripéties qu'a connu le processus de la Conférence, on peut dire que la Chine y a joué un rôle crucial.

Depuis quelques jours, les médias internationaux ont eu des interprétations différentes des résultats de la Conférence de Copenhague, mais une chose est certaine : grâce aux efforts conjugués de la communauté internationale, la coopération internationale contre le changement climatique a fait un pas dans la bonne direction et un message de confiance et d'espoir a été envoyé au monde. La Chine a fait le plus d'efforts avec la plus grande sincérité et joué un rôle constructif important.

Récemment, lors d'une interview accordée à l'Agence Xinhua, le Premier Ministre Wen a dit que la Chine était prête à travailler ensemble avec les autres parties, en faisant de la Conférence de Copenhague un nouveau point de départ, pour mettre en œuvre les engagements et renforcer la coopération afin d'achever au plus tôt les négociations de la « Feuille de route de Bali », de faire avancer sans cesse la coopération internationale contre le changement climatique, et d'apporter par là sa part de contribution à la réponse de l'humanité au changement climatique.

L'histoire a prouvé encore une fois que le plus grand défi de l'humanité vient de l'humanité elle-même. C'est de l'union que nous pouvons tirer de la force et c'est par la coopération que nous aurons un meilleur avenir. La Conférence de Copenhague a vu la Chine monter sur une scène mondiale plus haute et plus vaste. La Chine a raison d'en être fière et elle fera davantage d'efforts.

Les montagnes verdoyantes ne sauraient bloquer le cours d'eau, il coule irrésistiblement vers l'Est. La Conférence de Copenhague n'est qu'un nouveau point de départ. À partir de là, le processus international de lutte contre le changement climatique continuera à aller de l'avant.

 

                                                       Zhao Cheng, Tian Fan (Agence Xinhua), Wei Dongze (Quotidien du Peuple)